Il arrive à tout le monde de chercher du réconfort dans la nourriture. Mais pourquoi ce réflexe se déclenche-t-il, parfois de manière compulsive, surtout face à des émotions fortes ? Une analogie simple peut nous aider à comprendre.
Imaginez un jeune enfant qui se sent submergé par ses émotions : tristesse, colère, frustration. Son cerveau est encore immature et il n’a pas encore appris à se calmer seul. Il a besoin d’un adulte, d’un grand frère ou d’une grande sœur pour le rassurer, le prendre dans ses bras ou simplement l’écouter. Si l’adulte se fâche et lui dit d’aller se calmer tout seul, ou le punit, l’enfant ne parvient pas pour autant à retrouver son calme. Et souvent, l’adulte interprète à tort ce comportement comme de l’obstination ou de la provocation.
Chez l’adulte, un mécanisme similaire se met en place, mais avec la nourriture comme “doudou émotionnel”. Lorsqu’une émotion forte surgit — que l’on n’a pas appris à identifier ou à accueillir — ou que des émotions ou soucis s'accumulent, notre cerveau cherche un moyen rapide de soulager l’inconfort. L’alimentation sucrée ou grasse devient alors un réconfort immédiat : elle apaise temporairement l’émotion, comme un câlin invisible.
Pourquoi cela arrive :
- Habitudes anciennes : nous avons appris depuis l’enfance que certaines nourritures nous apportent du réconfort.
- Émotions non identifiées : tristesse, stress, ennui ou fatigue passent parfois inaperçus, et notre cerveau choisit la voie la plus rapide pour se sentir mieux.
- Réponse neurologique : certains aliments “doudou”, surtout sucrés ou gras, stimulent une zone du cerveau qui sécrète des hormones de plaisir et de réconfort (dopamine, sérotonine), apportant un soulagement temporaire et automatique.
- Jugements et culpabilité : se réconforter par la nourriture est souvent jugé, ce qui ajoute un poids émotionnel supplémentaire.
Comment déculpabiliser :
Comprendre ce mécanisme aide à se libérer de la culpabilité. Ce n’est pas un manque de volonté, ni un défaut moral : c’est une réponse automatique à une charge émotionnelle trop intense ou non reconnue. S’observer avec bienveillance est la première étape pour reprendre le contrôle, sans se juger.
Quelques pistes pour agir autrement :
1) Observer l’émotion : avant de manger “pour se calmer”, prendre un moment pour nommer ce que l’on ressent.
2) Identifier le déclencheur : stress, fatigue, solitude… comprendre le contexte aide à anticiper le réflexe.
3) Accueillir et apaiser : respirer profondément, marcher, se mettre en mouvement, écrire ou parler à quelqu’un de confiance.
4) Remplacer le réflexe par un geste réconfortant : s’envelopper dans une couverture, écouter de la musique, boire une boisson chaude… autant de “doudous” alternatifs pour le cerveau.
🌿Reconnaître que notre comportement alimentaire peut être une réponse à nos émotions est un pas vers plus de liberté et de douceur avec soi-même.
🤍Comme un enfant qui a besoin d’un câlin pour se calmer, nous pouvons apprendre à nous offrir du réconfort autrement, progressivement, et avec bienveillance.